La question du rejet des étrangers est aujourd’hui au cœur des débats aux États-Unis d’Amérique, mais aussi en Europe. Derrière les discours politiques et les peurs collectives, des femmes, des hommes et des enfants créés à l’image de Dieu souffrent.
En tant que chrétiens, nous ne pouvons regarder cette réalité uniquement avec les yeux du monde, nous sommes appelés à la discerner à la lumière de la Parole de Dieu.
La Bible parle très souvent de l’étranger, de l’immigré, de celui qui vit loin de sa terre d’origine. Dès l’Ancien Testament, Dieu rappelle à son peuple qu’il a lui-même été étranger : « Tu aimeras l’étranger comme toi-même, car vous avez été étrangers en Égypte » (Lévitique 19:34). Ce commandement n’est pas une suggestion, mais une exigence morale profondément enracinée dans l’histoire du salut.
Le rejet des étrangers naît souvent de la peur : peur de perdre son identité, sa sécurité, son confort. Pourtant, la Bible nous enseigne que la peur n’est pas un fondement solide pour nos décisions. Jésus lui-même a vécu l’expérience de l’exil. Enfant, il a dû fuir avec sa famille en Égypte pour échapper à la violence (Matthieu 2:13-15). Le Fils de Dieu a commencé sa vie sur terre comme réfugié. Ce simple fait devrait marquer notre manière de voir le drame qui frappe aujourd’hui aux portes de nos nations, différemment.
Dans Matthieu 25, Jésus s’identifie explicitement à l’étranger : « J’étais étranger, et vous m’avez accueilli. » Accueillir l’étranger, c’est accueillir Christ lui-même. Le rejeter, c’est risquer de fermer notre cœur à Celui que nous voulons suivre. La foi chrétienne ne se limite pas à des convictions personnelles ; elle se manifeste dans des actes concrets d’amour et de justice.
Garder le discernement
Cela ne signifie pas pour autant que les questions d’immigration sont simples ou qu’elles ne nécessitent pas de sagesse, d’ordre et de responsabilité. La Bible reconnaît l’importance des autorités et des lois. Elle nous rappelle néanmoins que la loi suprême est celle de l’amour du prochain. L’Église est appelée à être une voix prophétique, rappelant que chaque vie a une dignité donnée par notre Dieu.
L’Épître aux Hébreux nous exhorte : « N’oubliez pas l’hospitalité ; car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir » (Hébreux 13:2). L’hospitalité biblique est une ouverture du cœur qui reconnaît que Dieu agit souvent à travers ceux que le monde minimise.
Refuser l’indifférence
Face au rejet des étrangers en Amérique, l’Église a une responsabilité particulière. Elle est appelée à prier, à enseigner, à servir et à aimer sans distinction. Être fidèle à l’Évangile, c’est choisir la compassion. C’est rappeler que notre véritable citoyenneté est dans le Royaume de Dieu et que, devant Lui, nous sommes tous des étrangers sauvés par grâce.
Que nos églises deviennent des lieux où l’étranger n’est pas craint, mais accueilli, non comme une menace, mais comme un prochain à aimer, pour la gloire de Dieu.
Une réponse chrétienne
Face à ces enjeux, ne fermons pas les yeux sur l’injustice. En tant que chrétiens, nous pouvons être tentés d’accepter ces raccourcis pour préserver notre tranquillité, mais la Bible nous rappelle pourtant que Dieu appelle son peuple à marcher dans l’intégrité « Celui qui marche dans l’intégrité marche en sécurité » (Proverbes 10:9).
Ayons un cœur transformé par l’Évangile. Choisir la fraternité, c’est faire confiance à Dieu plutôt qu’aux hommes. C’est croire que l’obéissance vaut mieux que les choses de ce monde. C’est rester fidèle à Christ. Jésus nous appelle à être le sel et la lumière du monde, non par des compromis, mais par une vie alignée avec la vérité.
Ainsi, face au rejet des étrangers, la solution chrétienne reste la même : revenir à la croix, se repentir lorsque nos cœurs s’égarent, et choisir chaque jour l’amour, la vérité et la justice. C’est dans cette fidélité que l’Église devient un témoignage vivant du Royaume de Dieu au milieu du monde.
B.M




