La moisson est déjà mûre

Trois freins à déposer avant de sortir récolter

 

Il y a des chrétiens sincères, des croyants qui aiment Dieu, qui prient, qui servent dans leur église, et qui pourtant ne parlent presque jamais de Jésus autour d’eux. Pas par manque de foi. Pas par indifférence. Mais à cause de convictions qu’ils portent sans vraiment les avoir choisies.

Des convictions qui ressemblent à du réalisme, parfois même à de l’humilité, mais qui au fond fonctionnent comme des freins. Elles maintiennent à distance du terrain, du voisin, du collègue, de la personne dans la rue qui a peut-être besoin d’entendre exactement ce que tu portes.

La grande commission n’a pas de date d’expiration. Elle s’adresse à l’Église de tous les temps, et donc à chacun de nous aujourd’hui. Mais avant de bouger, il faut parfois regarder honnêtement ce qui nous retient.

Voici trois de ces freins fréquents. Et ce que la Parole de Dieu dit pour nous en libérer.

 

 « Je ne suis pas fait(e) pour ça »

C’est souvent la première pensée. On regarde d’autres membres de l’église, ceux qui parlent avec aisance, qui abordent des inconnus sans trembler, et on se dit en silence : ce n’est pas mon profil.

Il est vrai que tous les croyants n’ont pas le ministère d’évangéliste. Paul le reconnaît lui-même : Dieu a placé dans l’Église des diversités de dons, et tous ne sont pas appelés au même rôle (Éphésiens 4:11-12). Mais il y a une différence importante entre avoir le don d’évangéliste et être appelé à témoigner. Et ce second appel, lui, s’adresse à chacun.

 

« Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » — Actes 1:8

Jésus ne parle pas ici à une élite spirituelle. Il parle à des hommes et des femmes ordinaires, à des pêcheurs, à des gens qui venaient tout juste de le voir ressuscité. La puissance qu’il leur promet n’est pas conditionnée à leur éloquence. Elle est conditionnée à leur disponibilité.

Témoigner, c’est parler de ce qu’on a vécu. Et toi, tu as vécu quelque chose. Jésus a traversé ton histoire, il a changé quelque chose en toi, peut-être progressivement, peut-être brutalement, mais il a agi. Ce témoignage t’appartient. Personne d’autre ne peut le porter à ta place.

Tu n’as pas besoin d’être éloquent(e). Tu as besoin d’être disponible.

 

 « Les gens ne veulent pas entendre parler de Dieu »

Celui-ci est plus difficile à reconnaître parce qu’il se présente souvent comme du réalisme. On a essayé d’en parler à un ami, il a changé de sujet. On a mentionné l’église, on a reçu un regard condescendant. Et on finit par conclure : le terrain est trop dur. Ce n’est pas le bon moment.

Mais regardons comment Jésus lui-même décrivait le monde autour de lui.

« La moisson est grande, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Seigneur de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. » — Matthieu 9:37-38

Jésus ne dit pas que la moisson sera grande un jour. Il dit qu’elle est grande, maintenant, déjà, en ce moment même. Et le problème qu’il identifie n’est pas le refus des gens. C’est le manque d’ouvriers.

Il y a des personnes autour de toi qui traversent quelque chose en ce moment. Une maladie dans la famille. Un mariage qui s’effondre. Un vide qu’elles ne savent pas nommer. Ces personnes ne cherchent peut-être pas la religion, mais elles cherchent une réponse, une paix, une présence. Et toi, tu connais quelqu’un qui peut leur offrir tout ça.

Ne laisse pas quelques refus passés décider pour toi de ce que les gens sont prêts à recevoir aujourd’hui.

 

 « Si ça ne mène pas à une conversion, ça ne sert à rien »

Ce dernier frein est peut-être le plus insidieux parce qu’il ressemble à du sérieux. On veut des résultats. On ne veut pas perdre son temps à des conversations qui ne mènent nulle part. Et quand on rentre d’une sortie d’évangélisation sans avoir vu quelqu’un venir à la foi, on se demande si ça valait la peine.

Mais cette façon de mesurer repose sur une confusion entre notre rôle et l’œuvre de Dieu. Paul la clarifie avec une image qui dit tout :

« J’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui a fait croître. Ainsi, celui qui plante n’est rien, et celui qui arrose n’est rien, mais Dieu qui fait croître est tout. » — 1 Corinthiens 3:6-7

Paul a planté. Apollos a arrosé. Deux serviteurs fidèles, deux gestes distincts, et aucun des deux n’a vu de ses propres yeux ce que l’autre avait semé devenir fruit. Pourtant, chaque geste comptait.

La personne que tu rencontreras a peut-être déjà entendu parler de Jésus cinq fois, dix fois. Ta conversation pourrait être la onzième. Et c’est la douzième, celle que tu ne verras jamais, qui ouvrira son cœur. Est-ce que cela rend ta conversation sans valeur ? Non. Elle faisait partie de la moisson.

 

Dieu nous appelle à semer avec fidélité. Lui se charge de faire grandir.

Libère-toi de la responsabilité du résultat. Elle ne t’appartient pas. Ce qui t’appartient, c’est la fidélité du geste : aller, parler, aimer, prier. Le reste, tu le confies à Celui qui seul peut ouvrir les cœurs.

 

Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

La grande commission n’était pas une suggestion. C’était un envoi. Et cet envoi tient toujours, pour toi, là où tu es, avec les gens que tu côtoies chaque semaine.

Dieu dit à son Église : « Je vais agir, veux tu être de l’aventure ? »

Tu n’as pas besoin d’être parfait(e) dans ta formulation. Tu n’as pas besoin d’une réponse à chaque objection théologique. Tu as besoin d’un cœur qui dit oui, d’une bouche qui s’ouvre, et du Saint Esprit qui agit.

La ville a besoin d’entendre. Les quartiers ont besoin d’ouvriers. Et toi, tu as quelque chose de précieux à donner : une rencontre avec Jésus qui a changé ta vie.

« Comment invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? » — Romains 10:14

 

Sois de ceux et celles qui auront dit oui quand Dieu a appelé.

Va. Sème. Et fais confiance à Celui qui fait croître. Que le Seigneur de la moisson te remplisse de sa paix, de sa hardiesse, et de son amour. Et qu’il t’envoie avec la certitude que ce que tu feras pour lui ne sera jamais vain.

 

 

                                                                                                                                                                                                                              Ruddy M

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