Tu sais ce que c’est. Cette sensation d’avoir raté quelque chose. D’avoir promis et de ne pas avoir tenu. D’avoir été zélé(e) un moment, et de t’être retrouvé(e) à sec sans vraiment comprendre comment tu en es arrivé(e) là.
Et depuis, tu portes ça. Le souvenir de ce que tu étais avant. Les promesses que tu n’as pas gardées. Les heures de prière que tu n’as pas faites. Les élans que tu as perdus en chemin. Et cette culpabilité qui revient, régulièrement, comme pour te rappeler que tu n’es pas à la hauteur.
Je veux te dire quelque chose. Pas pour minimiser ce que tu ressens. Mais parce que je crois que tu portes un poids que Dieu ne t’a jamais demandé de porter.
La relation parfaite n’existe pas
Il faut qu’on se dise la vérité. Une relation avec Dieu où tout est rose en permanence, où la prière coule toujours facilement, où le zèle ne faiblit jamais, ça n’existe pas. Pas ici-bas. Pas dans cette vie.
Ce n’est pas un manque de foi que de le reconnaître. C’est de la lucidité. Et c’est même ce que l’apôtre Paul, celui que nous citons en exemple, a lui-même admis.
Paul. Celui qui a planté des églises à travers tout l’empire romain. Celui qui a écrit la moitié du Nouveau Testament. Celui qui a dit à la fin de sa vie :
« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. » 2 Timothée 4:7
Ce même Paul a écrit, en plein milieu de sa vie de foi :
« Frères, je ne pense pas l’avoir saisi. Mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but. » Philippiens 3:13-14
Il n’avait pas atteint la perfection. Il ne prétendait pas tout avoir réussi. Et pourtant, Il a tenu jusqu’au bout. Parce qu’il avait compris quelque chose que beaucoup d’entre nous n’ont pas encore accepté.
Tu ne seras jamais parfait(e). Et c’est ok.
Ton problème n’est pas que tu tombes. Ton problème, c’est que tu n’arrives pas à te relever parce que tu n’acceptes pas d’être tombé(e).
Tu fais des promesses à Dieu parce que tu veux être sans faille. Tu veux lui montrer que tu es sérieux(se), que tu es fiable, que tu mérites sa confiance. Et dès qu’il y a une faille, dès que tu n’as pas tenu, tu t’effondres. Tu te morfonds. Tu culpabilises. Et pendant que tu te morfonds, tu n’avances plus.
Mais voilà ce que Dieu pense de ta perfection : il n’en a jamais attendu. C’est précisément pour cela que Jésus est allé à la croix. Pas pour les gens qui n’en avaient pas besoin. Pour toi. Pour tes manquements. Pour les promesses non tenues. Pour les jours sans prière. Pour tout ce que tu n’as pas réussi à être.
La grâce n’est pas une récompense pour ceux qui ont bien couru. C’est le souffle qui te permet de repartir quand tu t’es arrêté(e).
Retourner en arrière t’empêche d’avancer
Imagine un coureur dans une course. Il est lancé, il avance, il a un objectif devant lui. Et à un moment, il commence à se retourner. À regarder ce qu’il a laissé derrière. Les faux départs, les chutes, les kilomètres mal courus. Plus il se retourne, plus il ralentit. Jusqu’au moment où il est complètement dos à son objectif.
C’est exactement ce qui se passe quand tu restes fixé(e) sur tes erreurs passées.
L’apôtre Paul dit « oubliant ce qui est en arrière ». Ce n’est pas de l’inconscience. C’est une décision. Une décision de ne pas laisser le passé avoir le dernier mot sur ton avenir. De ne pas laisser ce que tu n’as pas réussi définir ce que tu vas devenir.
Dieu a oublié tes fautes avant même que tu les lui aies confessées. Le minimum que tu puisses faire, c’est d’en faire autant.
Lève-toi et cours
Alors maintenant, je vais être direct(e) avec toi.
Tu peux continuer à regarder en arrière. Tu peux continuer à porter la culpabilité de ce que tu n’as pas été. Tu peux continuer à attendre d’être parfait(e) avant de repartir. Mais sache que ce jour n’arrivera jamais. Et pendant que tu attends, la course continue sans toi.
Ou tu peux faire ce que Paul a fait. Reconnaître que tu n’es pas parfait(e), que tu ne le seras jamais, et décider quand même d’avancer. Pas parce que tu as tout réglé. Pas parce que tu mérites de repartir. Mais parce que la grâce est là, disponible, maintenant, pour toi.
L’état de ta vie spirituelle ne sera pas déterminé par le nombre de fois où tu es tombé(e). Il sera déterminé par ta capacité à te relever et à aller de l’avant.
« Le juste tombe sept fois et se relève, mais les méchants s’écroulent dans le malheur. » Proverbes 24:16
Tu n’as pas besoin d’avoir tout réparé pour repartir. Tu as besoin de te retourner vers l’avant et de courir.
Laisse le passé derrière toi. Dieu l’a déjà fait. C’est ton tour.
Ruddy M.




