Tout enfant de Dieu est appelé à passer par l’épreuve des tentations, ces incitations au mal qui établissent la maturité de la filiation.
Lorsque Jésus reçoit cette parole : « Tu es mon Fils bien-aimé », il aurait pu, dans un cœur mauvais, recevoir cette déclaration comme une reconnaissance publique de ses efforts et un privilège d’élection, devenant source d’orgueil humain.
Mais Jésus, cœur le plus excellent, nous présente la nécessité de recevoir la parole et l’Esprit enseignant de Celui qui a parlé pour ne pas demeurer aux miettes de la révélation.
Rempli de l’Esprit et de la parole de foi, Jésus ne retourne pas à une vie ordinaire. L’Esprit le conduit au lieu où la déclaration du ciel doit s’enraciner dans son humanité par une foi éprouvée avant la pleine manifestation selon le cœur du Père.
Le diable sait reconnaître ce danger. Il sait qu’une parole reçue dans la foi et pleinement manifestée par un fils de Dieu représente une menace profonde pour son royaume. Il vient donc avant le temps du revêtement, pour détourner le fils de son objectif.
Premièrement, dans un bon cœur, le test du fils de Dieu face au diable ne consiste pas à savoir s’il possède une puissance, mais à savoir à qui cette puissance est soumise et contre quoi elle se tourne pour combattre.
Être fils de Dieu signifie être choisi pour être élevé. L’élévation d’abord au-dessus des éléments intérieurs de l’homme qui le disqualifient au plan de Dieu. Il faut pour cela se souvenir de la parabole des quatre terrains. Les ennemis sont l’oubli, les inquiétudes, les soucis de la vie,…
Être fils de Dieu signifie aussi être revêtu d’une puissance capable d’accomplir des choses divines dans une nature humaine faible. C’est précisément sur l’angle de cette nature humaine que le diable commence son attaque : lorsque la faiblesse humaine apparaît.
« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
La tentation semble toucher un besoin légitime de Jésus mais derrière se cache une question plus profonde : utiliserai-je le pouvoir de Dieu pour ma propre nécessité plutôt que demeurer dépendant du Père ?
En bon cœur, Jésus savait qu’être Fils de Dieu, c’est avant tout vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. La puissance n’est jamais séparée de l’obéissance. Le miracle n’est jamais indépendant de la volonté du Père. Le fils véritable ne se définit pas parce qu’il peut, mais par son attachement à Celui qui l’a envoyé. C’est dans cette soumission qu’il reçoit toute autorité.
Deuxièmement, le cœur honnête est ajusté au sujet de la gloire. En effet, être fils de Dieu signifie être destiné à la gloire. Mais quelle gloire ? La gloire terrestre ou la gloire céleste ?
Le diable est prêt à donner toute la gloire des royaumes de la terre. Jésus aurait pu établir un empire plus grand que ceux des Césars ou des Napoléons. Mais toute gloire humaine est temporaire. Ces royaumes apparaissent puis disparaissent. Qui s’en souvient parfaitement des limites ?
Jésus a refusé la gloire humaine issue de l’adoration à Satan pour celle de Dieu qui est dans l’adoration véritable. Il choisit de ne pas posséder les royaumes de la terre (signe de gloire personnel) au prix d’une prosternation devant le diable. Il préfère annoncer le Royaume (des cieux), le seul Royaume qui demeurera éternellement. La véritable gloire n’est pas de recevoir l’adoration des hommes, mais de vivre dans la gloire du seul vrai Dieu.
Enfin, Jésus est placé au sommet du Temple, dans une position d’élévation et de supériorité. C’est une position où l’homme méchant est tenté de croire qu’il est au-dessus de Dieu voire l’égal de Dieu, et qu’il peut agir comme s’il était lui-même Dieu.
Le diable l’encourage alors à mettre Dieu au défi en utilisant Sa parole comme si la promesse divine devait être mise à l’épreuve par l’homme.
Le cœur de Jésus ne manipule pas la Parole ; il s’y soumet tout entier. Jésus bannit l’idée de tenter son Dieu par le doute ou par l’affront. Il demeure dans une confiance parfaite et chasse le diable.
Ces tentations révèlent finalement les grandes attaques qui touchent les enfants de Dieu au jour de leur appel (nouvelle naissance) jusqu’à l’aube de leur manifestation (présentation).
Une parole non mûrie nourrit l’orgueil ; une parole mûrie au feu de la tentation dans l’adoration devient vie, puissance et témoignage.
Prière :
Seigneur, Que ces paroles reçues de toi ne puissent plus nous laisser vides et sans direction claire. Que ces promesses divines remplissant mon livre, la Bible, ne restent plus sans confession de foi dans le feu de l’épreuve jusqu’à leur manifestation.
Nous recevons désormais tes paroles avec l’Esprit conduisant à leurs révélations, leur processus de maturation, d’exposition devant toi jusqu’au temps d’affinement de nos caractères, d’ajustement de nos émotions, de convergence de nos volontés avec celle du Père pour Sa gloire.
Amen.
Christopher TAKOUDJOU




