Vaincre la tentation

On entend souvent dire que Jésus a triomphé des tentations du diable parce qu’il était Dieu, parce qu’il était la Parole incarnée. Cette affirmation est vraie dans son identité profonde, mais elle peut conduire à une conclusion trompeuse : celle de croire que son exemple est inaccessible aux hommes.

Or, les Évangiles présentent un autre enseignement. Jésus n’a pas répondu au diable par un miracle, par une démonstration de puissance surnaturelle ou par une révélation nouvelle. À chacune des sollicitations de Satan, il a répondu par une parole déjà écrite : « Il est écrit… »

 

Cette précision est capitale. Elle montre que Jésus a choisi de combattre comme un homme naturel et comme l’homme est appelé à combattre : en s’appuyant sur les Écritures.

Après quarante jours de jeûne dans le désert, Jésus est confronté à trois tentations majeures.

 

La première touche aux besoins physiques. Satan lui dit de transformer les pierres en pains. Jésus répond :

« Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » cette réponse est tellement belle à dire mais plus importante à vivre. Jésus avait là offert son désir de manger et de boire comprenant que la vie est d’abord une émanation de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ainsi, il faut être au fait de tout ce qu’Il dit.

 

La deuxième concerne la recherche de gloire et de reconnaissance. Le diable cite lui-même les Écritures pour pousser Jésus à se jeter du haut du Temple, espérant qu’il oblige Dieu à intervenir et que sa gloire soit manifeste aux yeux des juifs. Jésus lui répond encore :

 

« Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. »

Jésus savait par l’étude des Écritures qu’on ne tente pas Dieu. Nous aussi nous devrions savoir en quelles manières on peut tenter Dieu pour ne jamais le faire.

 

Enfin, la troisième vise le pouvoir. Satan promet tous les royaumes du monde en échange d’un acte d’adoration. La réponse est immédiate :

« Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. »

 

Ces trois réponses révèlent une vérité fondamentale : la victoire ne vient pas seulement de connaître quelques versets, mais d’en comprendre le véritable sens, l’absorbant pour une vie profonde avec Dieu. Le diable aussi cite les Écritures, mais il les détourne de leur intention.

La connaissance superficielle expose à la manipulation. La connaissance profonde libère.

 

Jésus n’a pas improvisé sa connaissance des Écritures. En effet, certains pensent que Jésus connaissait naturellement les Écritures parce qu’il était le Fils de Dieu. Pourtant, les Évangiles nous montrent aussi son parcours humain.

À douze ans, il est retrouvé dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi, les écoutant, les interrogeant et dialoguant avec eux. Tous étaient frappés par son intelligence et par ses réponses.

 

Cette scène n’est pas celle d’un enfant indifférent aux Écritures. Elle révèle une passion pour la connaissance de Dieu. Jésus étudiait, écoutait, méditait et approfondissait les Écritures.

 

Dans son humanité, il a grandi « en sagesse ». Il a fréquenté les lieux d’enseignement, il a appris, il a médité la Parole et il a su qu’Il était le Messie. Il nous montre ainsi que la connaissance de Dieu ne remplace jamais la discipline spirituelle.

 

Attention, lire n’est pas étudier. Beaucoup de chrétiens lisent quelques passages bibliques chaque jour. Cette pratique est précieuse, mais elle ne suffit pas toujours.

 

Étudier les Écritures demande davantage. C’est comparer les textes.

C’est comprendre leur contexte.

C’est découvrir le sens voulu par Dieu.

C’est laisser le Saint-Esprit éclairer l’intelligence.

 

Lorsque Jésus répond au diable, il ne cite pas des versets au hasard. Il applique exactement la vérité correspondant à chaque mensonge. Il connaît non seulement les mots, mais aussi leur portée spirituelle.

 

C’est cette maîtrise qui déjoue les pièges de Satan. Les ruses du diable n’ont pas changé

Aujourd’hui encore, les tentations prennent différentes formes. Le compromis au nom du confort.

La recherche des richesses et de la gloire au détriment de l’obéissance. Le désir de réussir sans passer par le chemin voulu par Dieu.

 

Et, comme au désert, le diable continue parfois d’utiliser des textes bibliques mal interprétés pour justifier l’erreur.

C’est pourquoi le croyant ne peut se contenter d’une foi fondée sur des citations isolées ou des messages entendus ici et là. Il doit connaître personnellement les Écritures afin de discerner la vérité du mensonge.

La Parole est une arme qui doit être maîtrisée

Un soldat ne gagne pas une bataille simplement parce qu’il possède une épée. Il doit apprendre à la manier.

Il en est de même pour la Parole de Dieu.

Posséder une Bible ne garantit pas la victoire. Il faut la lire, l’étudier, la méditer, la mémoriser et surtout la comprendre sous l’éclairage de Dieu.

Jésus nous a montré le chemin. Lui qui est la Parole incarnée a choisi, dans son humanité, de combattre le tentateur avec la Parole écrite. Non parce qu’il en avait besoin en tant que Dieu, mais parce qu’il voulait laisser à tous les croyants un modèle à suivre.

Sa victoire dans le désert devient ainsi une école pour chacun de nous.

Lorsque la Parole habite abondamment en nous, lorsque nous en saisissons le sens profond et que nous la laissons transformer notre vie, les mensonges du diable perdent leur pouvoir.

La meilleure défense contre les ruses de l’ennemi n’est donc pas seulement une foi sincère, mais une connaissance vivante, profonde et fidèle des Écritures.

 

Car celui qui connaît véritablement la Parole reconnaît le mensonge, résiste à la tentation et demeure ferme dans la volonté de Dieu.

 

 

                                                                                                                                                                                                 

                                                                                                                                                                                                   Christopher TAKOUDJOU

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« Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. »

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