« Dieu peut-il vraiment tout pardonner ? » ; « Dieu ne peut pas pardonner ceux qui ont commis des crimes atroces » ; « J’ai été abusé et Dieu pardonne aussi celui qui m’a fait ça, je refuse » … Que de réflexions que nous entendons çà et là dans nos échanges lors d’évangélisation ou d’échanges avec des personnes lors d’un entretien sur le parcours de leur âme.
Le pardon est censé s’obtenir de manière conditionnelle en évaluant la proportion de gravité des actes commis, tel est le schéma humain et logique alors il nous est difficile de croire qu’un Dieu si bon, d’imaginer que Jésus Christ le soit aussi pour des gens que nous qualifions de l’incarnation du mal, comme s’il les cautionnait en leur facilitant la tâche, comme si eux ils méritaient d’être sauvés comme nous.
Songez à quelqu’un qui vous a exploité, à quelqu’un qui vous a humilié publiquement, pensez à une personne qui vous a fait la misère comme il se dit et vous verrez que vous n’êtes pas loin de celui avec qui on explorera dans les prochaines lignes la pensée selon laquelle DIEU PARDONNE TROP : C’est Jonas, le prophète de Dieu, missionné pour Ninive mais argumentant contre Ninive.
Quelque chose est assez particulier au sujet de Jonas, il est souvent cité comme l’archétype de celui qui fuit l’appel de Dieu mais le « mal » est peut-être ailleurs, bien plus profond que ça, le mal de Jonas ne concerne pas l’obéissance et le porte-parolat de l’Éternel Elohîm, mais plutôt les destinataires desdites paroles à ce moment-là, Jonas était prophète et avait déjà sûrement parlé plusieurs fois de la part de Dieu à son peuple ou à d’autres, mais pour ce qui est de Ninive voici que se présente un prophète fuyard.
Vous remarquerez avec moi dans Jonas 4.2, un épisode bien drôle qui révèle le cœur de Jonas lorsqu’il s’ouvre honnêtement à Dieu. Bien que l’on puisse penser à lui comme quelqu’un qui ne veut pas faire pour Dieu ce qui lui a été demandé, il s’ouvre en disant à Dieu après avoir finalement obéit non sans péripéties :
« Il implora l’Éternel, et il dit: Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal. »
S’il fallait le retranscrire en langage actuel, voici le discours d’un homme fâché contre Dieu bien qu’étant prophète :
« SEIGNEUR, TU ABUSES, voilà, je ne voulais pas venir ici parce que je savais que si je leur annonçais leur destruction, ils allaient se repentir et c’était sûr que toi tu allais les pardonner. »
Nous rappelons ici que Jonas était animé d’un dégoût voire d’une haine pour Ninive car elle était la Ville Capitale de l’ennemi assyrien qui avait asservi ceux du peuple de Dieu auquel il appartenait. Sa grande crainte était que les Ninivites se repentent et que Dieu ne les détruise finalement pas.
A-t-il eu tord ? Tel n’est pas l’objet de notre poursuite, notre quête est la volonté de Dieu n’est ce pas ? Et la volonté de Dieu se révèle au-dessus de l’orgueil et des raisons qui nous animent, prouvant pourtant avec la plus grande véracité que telle personne n’est pas digne de pardon.
Même éloigné de Dieu et dans les ténèbres et la violence la plus accrue, du coupable peut provenir un résidu repentant parce que aux yeux de Dieu, tous les hommes sont dignes du pardon et candidats potentiels à la transformation selon sa grâce illimitée.
Les amis, cela va au-delà d’une capacité humaine. Vous savez comment Jonas s’est finalement humilié devant Dieu? Quand Dieu lui explique quelque chose par sa sagesse parfaite :
06 Le Seigneur Dieu donna l’ordre à un arbuste, un ricin, de pousser au- dessus de Jonas pour donner de l’ombre à sa tête et le délivrer ainsi de sa mauvaise humeur. Jonas se réjouit d’une grande joie à cause du ricin.
07 Mais le lendemain, à l’aube, Dieu donna l’ordre à un ver de piquer le ricin, et celui-ci se dessécha.
08 Au lever du soleil, Dieu donna l’ordre au vent d’est de brûler ; Jonas fut frappé d’insolation. Se sentant défaillir, il demanda la mort et ajouta : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre. »
09 Dieu dit à Jonas : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère au sujet de ce ricin ? » Il répondit : « Oui, j’ai bien raison de me mettre en colère jusqu’à souhaiter la mort. »
10 Le Seigneur répliqua : « Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit, et en une nuit a disparu.
11 Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? »
La compassion de Dieu est la solution éthérée aux complexités humaines.
Dieu posa une question à Jonas, question qu’il nous pose également : AS-TU VRAIMENT RAISON DE TE METTRE EN COLÈRE ? (Jonas 4.4). Ceci est une invitation pour vous à ouvrir vos yeux à l’intérieur de votre cœur et à penser à tous ceux qui selon vous ne méritent pas un bon traitement, vous n’avez pas tord, seulement ne vous arrêtez pas là et demandez à Dieu de vous aider à être humble et à faire Miséricorde,
Car oui, Dire à Dieu les raisons d’inégibilité de quelqu’un à sa grâce revient à dire à Dieu qu’il est moins intelligent que vous; Car oui, estimer l’immérite de compassion de quelqu’un revient à s’établir ayant une meilleure estime que lui alors que vos péchés sont sûrement juste différents ;
Car oui, dire à Dieu qu’il Pardonne trop, c’est oublier tous les « Trop » de fois où cet amour si long et large nous a été avantage à nous malgré nos défaillances.
C’est aussi en cela que Le Saint Livre dit en Romains 15.1-2 ces mots que je vous soumets à méditation :
« Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes. Que chacun de nous complaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l’édification, CAR CHRIST NE S’EST POINT COMPLU EN LUI-MÊME.»
Autrement dit : Nous qui sommes supposément meilleurs, nous devons supporter les déficiences de ceux qui ne le sont pas à nos yeux, ce, au point de, comme Christ humilié par les salives concentrées de ses créatures, ne pas nous satisfaire de notre bon état mais que, poussés par la compassion nous désirions voir tous sans exception, même ceux qui nous ont violemment outragés, être pardonnés par Dieu devenir meilleurs.
Mes amis, considérons l’entièreté de la bonté de Dieu et pariez comme nous, sur sa capacité à vous procurer un cœur qui aime, un cœur qui pardonne, un cœur qui compatit et un cœur qui espère avoir l’autre changer pour le mieux malgré les sollicitations de notre justice à le voir détruit pour ce qu’il nous a fait.
Oui, Dieu pardonne beaucoup, un beaucoup souvent considéré « trop » selon un jugement humain, et cela est en avantage aux autres, à nous et au monde entier, parce-que viendra aussi un jour, s’il n’est pas encore arrivé, où vous serez le « trop » qui devrait être impardonnable par Dieu selon quelqu’un. Demeurez bénis.
Guy-Christian MAVIOGA




