Dans les Évangiles, Marie de Magdala est une figure importante. En effet, non seulement son nom est cité dans les quatre évangiles, mais en plus il y est cité plus de fois que la plupart des apôtres…
Marie de Magdala était si proche de Jésus, que certaines thèses gnostiques lui prêtent d’avoir été sa femme. Ces affirmations qui ont alimenté une certaine littérature d’inspiration chrétienne sont bien entendu erronées et n’ont aucun fondements historique, théologique ou biblique.
Héroïne de la foi, le modèle de disciple représenté par Marie de Magdala mérite sûrement que nous l’étudions afin de comprendre ce qui faisait d’elle une servante si exceptionnelle.
Qui était Marie de Magdala ? Quels enseignements peut-on tirer de sa vie ? Comment ceux-ci peuvent-ils nous inspirer dans notre marche avec le Seigneur ?
Une vie de disciple
Également appelée Marie-Madeleine dans les Evangiles, Marie de Magdala était originaire de Magdala, une ville de pêcheurs sur la rive occidentale du lac de Tibériade, située en Galilée.
Elle est souvent associée avec la femme pêcheresse anonyme de Luc 7.37-50, mais selon certains théologiens cette association n’a aucun fondement biblique. A sa rencontre avec Jésus, elle est délivrée de sept démons. Dès sa guérison, elle décide de donner sa vie à Jésus en l’accompagnant avec les disciples et ces autres femmes qui suivent le groupe. Un lien très fort l’unit alors à Jésus, elle le suit durant son passage sur terre comme l’une de ses amies les plus fidèles.
Marie de Magdala est aussi au pied de la croix, avec les autres femmes. Au matin de Pâque, elle se rend au tombeau de Jésus avec une autre femme, car elles veulent rendre un dernier hommage au corps du Christ et lui faire la toilette rituelle. Mais le tombeau est ouvert et le corps de Jésus a disparu. Marie de Magdala, en pleurs, s’empresse de se rendre auprès de Pierre et Jean pour annoncer la chose. Marie est si profondément peinée par la mort de Jésus et inconsolable qu’une expression française couramment utilisée est tirée de son état émotionnel à ces instants : « Pleurer comme une Madeleine ! ».
4 vérités illustrées par la vie de Marie de Magdala
- Seul Christ peut nous délivrer du péché et nous accorder la vie éternelle (Romains 5 :8 ; Jean 3 :16 ; Luc 4 :18).
Marie fut délivrée de sept esprits démoniaques qui l’asservissaient (Marc 16 :9 ; Luc 8 :2), elle se repentit, donna sa vie à Christ, et le suivit jusqu’à sa mort.
« Et il parcourut toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume et guérissant toutes les maladies et toutes les infirmités parmi le peuple » (Matthieu 4:23).
En effet, Jésus est venu pour guérir, non seulement des maladies physiques, mais aussi des souffrances spirituelles et émotionnelles. Cela fait écho à sa mission, qui est de libérer l’humanité du péché et de ses conséquences à travers l’annonce du royaume de Dieu (la bonne nouvelle), où la délivrance et la rédemption sont offertes à tous ceux qui croient en lui.
- Les femmes aussi ont été chargées de propager le message de l’Evangile du Royaume (Jean 20 :17-18).
Marie de Magdala joue un rôle crucial dans le récit de la résurrection. Elle est la première à découvrir le tombeau vide et à rencontrer Jésus ressuscité.
Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni ! c’est-à-dire, Maître ! Jésus lui dit : Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses. (Jean 20 :16-18).
Marie de Magdala, parmi d’autres femmes, ont été les premières à annoncer la résurrection de Jésus, part fondamentale du fondement de l’Évangile de Christ. Cela est significatif, car dans la culture juive de l’époque, le témoignage des femmes n’était pas toujours pris au sérieux. Pourtant, Jésus choisit de révéler sa résurrection à des femmes, et les envoie comme des messagères, mais aussi des prophétesses, ce qui témoigne de leur importance dans son plan.
Mais Jésus leur dit : ‘Ne craignez point; allez annoncer à mes frères qu’ils aillent en Galilée; c’est là qu’ils me verront.’ (Matthieu 28:10).
- Les femmes doivent être aimées, respectées, et défendues
Marie et d’autres femmes ont fidèlement accompagné Jésus tout au long de son ministère terrestre ; elles pouvaient ressentir cet amour qu’il leur portait (Luc 8 :1). Jésus a toujours fait preuve de respect et de compassion pour les femmes. Il les protégeait quand on voulait s’en prendre à elles : la femme adultère contre les spécialistes de la loi et les pharisiens (Jean 8 :7), la femme à la perte de sang contre la foule (Jean 8 :46-48). Jésus a proclamé leur valeur et leur dignité et il a déclaré sans ambages qu’elles avaient parfaitement le droit d’être instruites des voies du royaume à l’image de Marie la sœur de Marthe (Luc 10 :39). Étrangement, pendant des siècles, en dépit du témoignage de la Bible et de l’exemple de Jésus, les femmes au travers de leurs dons et leurs talents ont été ignorées ou sous-estimées dans bien des domaines.
- Notre amour et passion pour le Seigneur nous poussent à le servir et l’honorer (2 Corinthiens 5 :14).
Lorsque l’on est pressé par l’amour de Dieu, on ne peut pas rester indifférent aux besoins de Son œuvre, car « aimer » c’est « tout donner ». Marie avec d’autres femmes soutenaient activement le ministère de Jésus par leur présence, mais aussi matériellement et financièrement. (Luc 8 :1-3) Marie de Magdala suivit le Seigneur jusqu’à la croix et elle fut l’un des témoins de la passion de Jésus-Christ. Persévérante, elle n’abandonna pas Jésus jusqu’à son agonie, ni même après sa mort, puisqu’elle alla encore au tombeau trois jours après sa mort. Passionnée et animée par l’amour qu’elle portait au Seigneur, elle ne pouvait s’arrêter de pleurer à sa mort, raison pour laquelle selon moi, le Seigneur vint à elle à sa résurrection désirant la consoler, et lui dire qu’elle pouvait encore se réjouir dans sa présence.
Marie de Magdala est un modèle de disciple pour tous, elle incarne la foi et l’amour pour le Seigneur. En tant que pilier dans l’œuvre, aux côtés de Jésus durant son ministère terrestre, elle était une grande adoratrice, et le suivait avec dévouement, contribuant financièrement à la mission. C’est cet amour si profond pour le Seigneur et son dévouement, preuve de sa foi, qui firent d’elle une servante extraordinaire, et une grande figure du christianisme.
A l’instar d’autres femmes de nos jours, également témoins de la résurrection de Jésus, elle incarne brillamment toutes ces femmes parfois si discrètes, mais tellement importantes qui œuvrent dans le champ missionnaire afin que le message de la bonne nouvelle du royaume de Dieu soit répandu dans les nations.
Dominique TAKOUDJOU




