Quand la blessure plafonne la foi

Il est parfois plus facile de croire qu’une chose n’existe pas que d’avoir à y croire encore après avoir pensé la trouver… pour finalement découvrir que ce n’était pas le cas. Croire une première fois demande de l’espérance, mais croire après une déception demande une résurrection intérieure que tout le monde n’a pas le courage de traverser.


C’est comme celui qui, frappé par une blessure affective, déclare vouloir devenir eunuque, non par conviction divine, mais par protection émotionnelle. Il ne renonce pas par amour pour Dieu, mais par peur d’aimer à nouveau. Cela semble spirituel de loin, mais de près, ce n’est que le langage d’un cœur qui ne veut plus espérer. Parce que la blessure peut plafonner la foi.


Croire que quelque chose est impossible est parfois moins douloureux que de devoir espérer encore. Le renoncement devient un refuge. L’indifférence se transforme en armure. L’inexistence devient plus confortable que l’attente. Et ainsi, nous déclarons mort ce que Dieu a simplement mis en pause.


La vraie lutte n’est pas de chercher ce que l’on veut, mais d’oser y croire encore après l’échec. Abraham a cru, puis il a attendu. Puis il a douté. Puis il a ri. Puis il a recommencé à croire. Et c’est ce dernier acte de foi, après la fatigue, après l’attente, après le constat d’impossibilité, qui a donné naissance à la promesse.


La foi la plus pure n’est pas celle d’un cœur innocent, mais celle d’un cœur guéri. Elle ne naît pas toujours dans l’espérance, mais souvent dans la restauration. La foi n’est pas naïve. Elle est courageuse. Elle ose croire après la déception. Elle ose aimer après la blessure. Elle ose espérer après le silence.


La vraie foi ne vient pas avant la douleur, mais après la guérison.

Ce n’est pas un manque de foi que d’avoir été blessé. Mais c’est un danger de laisser la blessure plafonner ce que tu crois encore possible. Dieu ne te demande pas de protéger ton cœur. Il te demande de Le laisser le restaurer.


Ta foi n’a pas besoin d’être protégée. Elle a besoin d’être ressuscitée.



                                                                                                 

                                                                                                  Guy-Christian MAVIOGA 

Soyez transformés

« Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. »

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