Parfois, ce que nous appelons tenir est en réalité ce qui nous empêche d’avancer. Un témoignage sur le lâcher-prise et sur ce que Dieu fait quand on Lui fait de la place.
Il y a des combats qu’on ne choisit pas.
Le Psaume 84 verset 6 parle de la vallée de Baca, la vallée des larmes, la vallée de l’épreuve. Celle qu’on traverse quand c’est difficile. Chacun d’entre nous a la sienne.
Ils arrivent dans ta vie un jour, parfois brutalement, parfois progressivement et ils s’installent. Ils prennent de la place. Toute la place. Et avant même que tu t’en rendes compte, ta vie entière tourne autour d’eux. Tes pensées. Tes nuits. Tes prières. Ton énergie. Tout.
C’est exactement ce qui m’est arrivé.
Sans entrer dans les détails, j’ai traversé une épreuve profonde concernant des personnes qui me sont très chères. Et paradoxalement, si on peut appeler ça un paradoxe, c’est cette épreuve qui m’a ramenée à Dieu. Comme si la douleur avait été le chemin. Comme si c’est précisément là, dans ce qui ressemblait à un chaos, que le Seigneur m’attendait.
Mais voilà ce que personne ne te dit sur le retour à Dieu dans la douleur, c’est que tu peux revenir à Lui tout en restant prisonnière de ta peur.
Le piège de l’amour qui étouffe
Je priais. Je jeûnais. Je cherchais. Je lisais. Je me battais. De toutes mes forces, avec tout ce que j’avais. Et je pensais que c’était ça, la foi. Tenir. Ne pas lâcher. Porter.
Mais à force de tenir, je m’étais perdue.
Ce qui était de l’amour au départ était devenu une obsession. Ce qui était de la foi était devenu de la peur déguisée. Et l’ennemi, qui connaît nos points sensibles mieux qu’on ne le croit, s’est glissé dans cette faille. Un jour, dans un contexte anodin, des mots ont été prononcés devant moi. Des mots qui auraient pu ébranler ma foi. Et j’ai réalisé à quel point cette focalisation excessive m’avait rendue vulnérable.
Quand on est trop dans le faire… on n’est plus dans le faire confiance.
Une parole qui arrive de nulle part ou plutôt de Dieu
C’est alors qu’un serviteur de Dieu m’a contactée. Sans savoir. Sans connaître le fond de mon histoire. Juste une forte pensée qu’il a choisie de partager : lâche prise.
Deux mots
Il ne savait pas que ces deux mots résumaient exactement ce dont j’avais besoin. Il ne pouvait pas savoir. Mais Dieu, Lui, savait. Et Il lui a mis ces mots sur le cœur pour moi.
Sur le moment, j’ai compris. Mais comprendre et faire sont deux choses différentes. Il m’a fallu du temps. Il m’a fallu décider. Vraiment décider. Non pas d’abandonner, mais d’ouvrir les mains. Remettre entre les mains de Dieu ce que je serrais si fort que ça me blessait.
Et quand je l’ai fait… un poids s’est enlevé. Quelque chose que je portais depuis si longtemps que je ne savais même plus ce que c’était de ne pas le porter.
Faire confiance à Celui qui voit
Il y a une image qui m’est venue dans cette période et qui m’a bouleversée.
Un aveugle et son chien guide arrivent à un passage piéton. C’est le chien qui analyse : y a-t-il un danger ? Est-ce sûr ? Et si le chien avance, l’aveugle avance avec lui. Sans voir. Sans savoir. En faisant juste confiance.
Moi j’avais beau faire, j’avais beau chercher, je ne voyais pas. Et je ne pouvais pas voir. Ce n’était pas un manque de foi. C’était simplement la réalité de ma condition humaine face à quelque chose qui me dépassait. Il fallait que je lâche. Que je fasse confiance à Celui qui, Lui, voit tout.
Abraham a vécu cette réalité bien avant moi. Il est parti « sans savoir où il allait » (Hébreux 11:8). Tout quitté. Sur une simple parole. Sans carte. Sans destination visible. Et le Psaume 23 verset 4 nous rappelle que même dans la vallée la plus sombre,
« Ta houlette et Ton bâton me rassurent. » Le bâton du berger, c’est le chien guide de l’aveugle. C’est la présence de Dieu qui guide et protège quand nous ne voyons pas.
Et c’est exactement cette confiance-là que j’ai choisi de poser. Pas en théorie. Dans ma vie réelle, avec mon combat réel.
Quand Dieu prend la place
Lâcher prise ne m’a pas seulement allégée. Ça m’a libérée pour autre chose. Pour servir. Pour me concentrer sur ce que Dieu m’avait confié : créer, me mettre à l’œuvre pour Son royaume. Et c’est là que j’ai compris quelque chose : quand tu libères tes mains de ce que tu portais, elles deviennent disponibles pour ce que Dieu veut y déposer.
Et c’est là que quelque chose d’inattendu s’est produit.
Un matin, j’ai eu un accrochage dans un rond-point. Rien de dramatique en apparence. Mais j’aurais pu partir, personne ne m’aurait rien dit. J’ai choisi d’assumer. Le conducteur m’a recontactée en fin de journée. Là encore, j’aurais pu ignorer son appel. J’ai encore choisi l’intégrité.
On s’est retrouvés pour faire un constat. Et en discutant, presque par hasard, ou du moins c’est ce qu’on aurait pu croire, j’ai appris qui était cet homme. Il travaillait dans un domaine qui touchait directement à mon combat. Il m’a donné des informations précieuses. Exactement ce dont j’avais besoin. À ce moment précis.
Je me suis arrêtée. Et j’ai réalisé.
Je n’avais rien demandé. Je n’avais rien cherché. Je n’avais rien planifié. Dieu avait tout mis en place : la rencontre, le timing, cet homme sur ma route, parce que j’avais simplement choisi de lâcher prise et d’agir avec intégrité.
Il y a un verset que je connaissais depuis longtemps mais que je n’avais jamais vraiment vécu. Matthieu 6:33 — « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Ce jour-là, en rentrant chez moi après cette rencontre inattendue, ce verset a cessé d’être une promesse lointaine pour devenir une réalité que je touchais du doigt. Quand j’ai arrêté de courir après mon combat pour me concentrer sur Son royaume, les réponses sont venues par-dessus. Sous des formes que je n’avais pas anticipées. Par des chemins que je n’aurais jamais tracés moi-même.
Je n’avais pas planifié tout ça. Mais Lui, oui. Et cette certitude a tout changé.
Et toi ?
Peut-être qu’en lisant ces lignes, tu te reconnais. Peut-être que toi aussi tu portes quelque chose de lourd depuis trop longtemps. Peut-être que ta façon de tenir ressemble plus à de la peur qu’à de la foi.
Ou peut-être que tu ne connais pas encore ce Dieu dont je parle. Ce Dieu qui voit ce que nous ne voyons pas. Ce Dieu qui utilise un accrochage dans un rond-point pour répondre à une prière. Ce Dieu qui transforme le chaos en bénédiction.
Dans les deux cas, ce que j’ai à te dire est simple.
Tu n’as pas besoin de tout contrôler. Tu n’as pas besoin de tout comprendre. Il y a Quelqu’un qui voit. Qui sait. Qui tient ce que tu n’arrives plus à tenir.
Alors lâche prise en ouvrant tes mains
Pas parce que ton combat n’a pas d’importance. Mais parce que le Seigneur s’en occupe bien mieux que tu ne le pourras jamais.
C’est ce que j’ai appris. C’est ce que je vis encore. Trois postures qui ont tout changé pour moi :
Lâche, sers, sois intègre et laisse-Le orchestrer le reste.
« L’Éternel est notre berger, nous ne manquerons de rien. »
(Psaume 23:1)
Ruddy M.




